Fiche technique : l’agent immobilier en Italie

Bandeau Minefield avec drapeau IT

Agent immobilier en Italie : le cadre légal réel

⚠️ Les petits arrangements — un agent qui accepte de « chasser » pour vous, un partage de commission avec un confrère — fonctionnent la plupart du temps, et c’est très bien ainsi. Mais le jour où ça tourne mal, ce n’est plus la coutume qui décide : c’est le droit, tel qu’il existe vraiment. Voici ce que dit vraiment la loi italienne — et elle est ici particulièrement claire, contrairement à l’Espagne ou au Portugal.

Mais… avez-vous le droit d’acheter de l’immobilier en Italie ?

Avant même de choisir un agent, vérifiez que votre nationalité vous permet d’acheter : voir notre article « Immobilier en Italie : qui peut acheter quoi ? – Ça dépend de votre nationalité ! »

Qui a le droit de s’appeler « agent immobilier » ?

En Italie, contrairement à l’Espagne, une inscription est obligatoire : la Loi n° 39/1989 impose l’enregistrement au REA (Repertorio Economico Amministrativo) de la Chambre de Commerce compétente pour exercer légalement comme mediatore. Un agent non inscrit — un « mediatore abusivo » — n’a légalement droit à aucune commission : les tribunaux italiens ont refusé à plusieurs reprises tout paiement à des intermédiaires non enregistrés, même lorsque la transaction s’est bien conclue grâce à leur entremise.

Pour qui l’agent travaille-t-il légalement ? La réponse est très claire.

C’est ici que l’Italie se distingue nettement : l’article 1754 du Code civil définit le mediatore comme celui qui met en relation deux parties « sans être lié à aucune d’elles par un rapport de collaboration, de dépendance ou de représentation ». La neutralité n’est pas une simple pratique de marché tolérée, c’est une obligation légale de la profession elle-même — un véritable « devoir d’impartialité » jusqu’à la conclusion de l’affaire. Conséquence directe posée par l’article 1755 : puisqu’il ne représente légalement personne en particulier, le mediatore a droit à une commission des deux parties à la fois. C’est ce qui explique, avec un vrai fondement juridique et non par accident, pourquoi l’acheteur paie lui aussi une commission en Italie — une cohérence légale, pas une bizarrerie commerciale.

Combien coûte cette double commission ?

Aucun tarif n’est fixé par la loi — l’article 6 de la Loi 39/1989 renvoie à l’accord entre les parties, ou à défaut aux usages des Chambres de Commerce locales. En pratique, les montants observés tournent autour de 3 % côté vendeur et 3 % côté acheteur, plus TVA, mais ces chiffres restent négociables et varient selon la complexité de la transaction.

Un agent peut-il vous montrer un bien qui n’est pas dans son portefeuille ?

Rien dans la loi ne l’interdit. Le marché italien fonctionne souvent sans exclusivité stricte : un même bien peut être publié par plusieurs agences différentes, parfois à des prix différents — une situation qui découle directement de l’absence d’obligation légale d’exclusivité, pas d’un désordre du marché.

Si ça tourne mal, qui est responsable ?

Depuis le 1er janvier 2018, un agent qui exerce sans assurance de responsabilité civile professionnelle adéquate s’expose à une sanction administrative de 3 000 à 5 000 €, en plus de sa propre responsabilité contractuelle envers les parties si sa négligence a causé un préjudice. L’inscription obligatoire au REA reste la première protection du client : elle garantit que l’agent remplit les conditions légales minimales pour exercer, et qu’il peut être identifié et poursuivi en cas de manquement.

La vérification indépendante : un métier différent, une intervention séparée

L’agent qui vous fait visiter un bien est un professionnel de la vente, pas du bâtiment — rien dans sa formation ni dans son intérêt commercial ne garantit qu’il détecte, ou signale spontanément, un défaut structurel. Faites systématiquement inspecter le bien par un professionnel du bâtiment réellement indépendant, choisi par vous, en dehors de toute recommandation intéressée de l’agence. En Italie, le Pro qui s’occupe de ça, c’est le « geometra ». Cette vérification ne doit jamais transiter par la commission de l’agent ni faire l’objet d’un arrangement entre eux — le jour où l’inspecteur est rémunéré ou recommandé par la même chaîne commerciale que le vendeur, son indépendance en pâtit, même sans mauvaise intention de sa part.

Comment gérer ce cadre, sans le tordre

Vérifiez l’inscription REA de votre agent avant de vous engager — c’est un droit, pas une méfiance excessive, et ça vous protège contre un « mediatore abusivo » qui n’aurait aucune existence légale reconnue. Comprenez dès le départ que la double commission que vous paierez comme acheteur n’est pas une anomalie à négocier à la baisse par principe, mais une conséquence directe et légale de la neutralité que la loi impose à votre agent — un système différent, ni pire ni meilleur que le modèle nord-américain, juste construit sur une autre logique. Et comme partout, faites inspecter le bien par un geometra ou un professionnel du bâtiment indépendant : la neutralité légale de l’agent ne garantit en rien une expertise technique du bâti, ce n’est pas son rôle.


🇫🇷 Cet article a été rédigé en septembre 2026. Les lois ou règlements changent sans prévenir. Vérifiez bien toutes ces données au moment où vous lisez ceci… et consultez les professionnels, ils sont dans notre annuaire !

Favicon Pros4Expats
Mentions légales
Legal Notice
Politique de confidentialité
Privacy Policy


EMAIL
contact[@]pros4expats.com

RÉSEAUX SOCIAUX
Facebook
LinkedIn

© 2026 La Maison au Sud, LDA